• Le Messie

     

    Le Messie

     

    Bien en tendu, je parle d’un certain Messie attendu en notre époque, suivant quelques écrits (Bible, Coran…). Aussi, je ne parlerai pas de qui sera le Messie, ni d’ il viendra, car déjà les textes religieux et autres croyances en parlent suffisamment et, à mon goût, en une belle cacophonie. Si c’est ce que vous aimeriez savoir, vous pouvez toujours aller vous perdre dans tous ces méandres et enchevêtrements de prophéties et croyances. Qui à raison, qui à tort ? Malheureusement, ça guerroie encore de ce côté-là et l’on y trouve toujours la marque d’un ego ancestral. Mais, la question est-elle si importante ? N’est-ce pas plus important de savoir simplement ce que le Messie fera et donc, « ce qu’il apportera » ? En outre, je tenterai de démontrer là encore de façon évidente, ce qu’est un Messie, si « Messie » il y a.

    À propos du Messie ;

    Isaïe prophétise (LI, 4) : « Car la Loi sortira de moi » et le Midrash précise : « Une compréhension nouvelle sortira de moi ».

    L’Admour Hazakène dans le Tanya (Iguéret Hakodech, chap. XIX) : « Les raisons profondes des commandements n’ont pas été dévoilées… Lorsqu’une raison a été donnée, ce n’est pas là la raison essentielle ».

    Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson : « La loi nouvelle ne peut pas se révéler dans l’intellect humain ».

    Likouté Moharan, I, 5 : « Quand nous avons le mérite de nous concentrer sur l’intelligence interne inhérente à toute chose, nous nous rapprochons ainsi de Dieu ».

    À propos de cette dernière citation, j’ai pu constater que beaucoup de mots ou termes se rapportent à la même chose. « L’intelligence interne », comme il est dit, c’est tout simplement l’esprit divin en l’homme, ou si vous préférez, l’âme divine, ou encore dieu en l’homme ou le soi divin, etc. Oui, cela fait beaucoup de choses. Bien entendu, cette partie divine est liée au ciel et alignée à Dieu. Lorsque l’on est quelque peu purifié et doté de bonnes bases, on y arrive en s’y connectant à l’aide de l’intuition profonde ou, en d’autres termes, du ressenti profond. C’est-à-dire, ce qui revient au cœur. En pratique spirituelle, on explique qu’il s’agit plus précisément du rôle du thymus (une glande endocrine au-dessus du cœur) en relation à la pinéale située dans le cerveau. Enfin, on arrive là sur un sujet que je ne souhaite pas trop développer dans ce livre.

     

    À l’approche des temps futurs – c’est-à-dire, aujourd’hui –, le messie canalisera du ciel une nouvelle compréhension des écrits sacrés. Il ne s’agira pas là d’une étude purement intellectuelle, comme cela est souvent constaté concernant nos commentateurs actuels. Notez aussi par là qu’il est évident que ce que l’on apprend est toujours relatif à l’état de conscience du maître enseignant. En outre, tant que l’on n’est pas initié par un maître de conscience élevée, il demeurera toujours un fossé entre, étudier seul, et recevoir les enseignements de personnes élevées. Si le maître n’est autre que vous-même, doté d’une conscience courante, évidemment vous ne pourrez pas vraiment saisir les profondeurs qui relèveraient d’un autre niveau. En fait, tout dépend du maître. S’il s’agit d’enseignants dont le niveau est globalement d’une même nature que la vôtre, là encore, ça n’avance pas à grand-chose. Cela pourrait même fausser la compréhension. Dans ces conditions, l’étude relèverait uniquement de l’intellect et bien entendu sous condition du mental. Or ce dernier est généralement changeant et conditionne toujours l’intellect. De ce fait, il pourrait déformer la profondeur de l’étude.

    On me rétorque souvent que l’étude intellectuelle apporte tout de même de nouvelles connaissances. Je suis tout à fait d’accord. Mais vous élève-t-elle en conscience ? Apporte-t-elle un changement significatif vis-à-vis de votre ego ? Non, vous en avez probablement l’impression, mais, ce qu’elle vous apporte, c’est un peu comme si vous aviez vu un beau film. C’est tout au plus un confortement de sagesse. À ce moment, on pourrait dire que vous êtes quelqu’un de sage et de relativement réfléchi. Je conviens que ce soit aussi un chemin, mais pour l’avoir vécu, c’est un long chemin parsemé d’embûches. La sagesse n’est pas l’élévation, mais elle en fait partie. Quand on est élevé, il va de soi que l’on est sage, mais l’inverse n’est pas aussi évident.

     

    Un exemple qui pourrait vous aider à mieux saisir cette nuance

    Pensez-vous qu’être malin soit un défaut ou une qualité ? Évidemment par une analyse intellectuelle, être malin est un défaut dans le sens courant, d’où la racine « mal » (ce qui provient du mal). En revanche, en allant plus haut, si l’on utilise ce côté malin pour de belles choses, il devient absolument une qualité. Vous pouvez voir par là que toute faculté (don divin) est relative à ce que l’on en fait, donc à la maîtrise que l’on en a. En fait nous venons d’être confrontés là, à un parfait reflet des dons de l’arbre de la connaissance qu’il nous faut apprendre à maîtriser. Dans cet exemple, on pourrait également entrevoir le processus de : « tirer le bien du mal », et de plus (cerise sur le gâteau), on pourra s’apercevoir que dans son véritable fond, le mal n’existe pas.

    Pensez-vous maintenant que l’on obtienne ce genre de réponse uniquement par l’étude intellectuelle ? Évidemment que non. C’est peut-être très philosophique, mais il s’agit là d’une connexion, disons, plus divine. En cet état, vous vous apercevrez que de ce qui est divin, on n’a rien à redire, ni ajouter, ni retrancher. C’est bien souvent implacable parce que justement, ça coule de source.

     

    Le messie sera souvent connecté et puisera au ciel. Il est même fort probable qu’il n’aura pas grande connaissance des écrits, mais il saura les éclairer d’une nouvelle lumière, car la vérité ne se trouve pas obligatoirement dans les écrits. La Bible est le reflet de la vie, et la vie est en tout. Il aura donc avant tout une grande connaissance des secrets de la vie. Il en dévoilera un nouveau sens, dont certains secrets encore inaccessibles à la majorité des hommes. Les textes refléteront alors une autre image en adéquation à notre nouvel état de conscience. À ce moment-là, nous devenons plus grands, plus fort ; nous devenons le Messie.

     

    Il n’y a pas d’erreur, j’ai bien dit « nous devenons le Messie », car je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Un Messie qui nous sauvera du monde de la dualité, c’est peut-être pour beaucoup une belle image, mais ne croyez pas comme des enfants qui croient au père Noël. C’est de l’incohérence totale ; une belle preuve d’immaturité que de penser cela. Un gentil personnage qui vous apportera des cadeaux ; oui, il y en aura un, ou même plusieurs, dans l’histoire à venir. Mais il s’agira surtout d’instructeurs et d’initiateurs. Les cadeaux, il faut les mériter en quelque sorte. Il faut apprendre à les recevoir et à s’en servir. Donc il vous apportera des cadeaux, certes, mais ce sera à chacun de se les approprier et de les faire fonctionner d’après les initiateurs.

     

    J’ai bien étudié les commentaires religieux, mais j’ai aussi étudié d’autres choses sur d’autres plans à travers le monde. Choses dont je vous parlerai vers la fin de cet ouvrage, car ma motivation n’est pas que vous croyiez en moi. Il est d’ailleurs absolument hors de question que vous croyiez en moi. Mais, en revanche, je vous encouragerais à croire en vous, en votre intuition profonde, de manière à ce que vous arriviez chacun à en extraire une vérité qui se veut propre et dénuée de croyances illusoires.

     

    Je trouve qu’il est vraiment secondaire de chercher à savoir d’où l’on vient, qui l’on est, et quelles sont les sources. On a trop tendance à confondre l’auteur et le sujet. Encore une fois, c’est l’ego qui cherche toutes ces choses. Je pense sérieusement que l’on se doit de rester ouvert, sans préjugé et sans jugement, jusqu’à la fin de cette lecture, sans trop chercher d’où cela vient. Car finalement une information est toujours subjective. Dans un premier temps, il serait donc préférable de lire cet ouvrage et de voir ce qui vous parle au plus profond de vous-même. Voir si vous y trouvez des vérités et ce que vous y comprenez. Donc si vous pensez manquer d’humilité et que votre ego détient une certaine emprise sur votre être, il serait intéressant de faire l’expérience de tenter de le maîtriser ; de le faire taire, de l’ignorer et, l’oublier. Ce serait déjà ouvrir une porte à la conscience divine.

     

    Croyez-vous qu’il soit possible de vivre en harmonie dans un monde paradisiaque sans que l’homme change ? Je ne vois pas en quoi il serait paradisiaque si l’homme ne changeait pas. Il n’y aurait rien de nouveau. J’en suis désolé, mais j’y vois encore beaucoup de travail en perspective.

    Un Messie sauveur pour le monde futur ne peut être si nous ne le sommes pas déjà. Un Messie seul, comme beaucoup l’attendent, le libérateur, le sauveur, ne peut être parce qu’en premier lieu il n’a pas le droit de passer outre le libre arbitre que Dieu a légué à l’homme. Depuis l’histoire de l’arbre de la connaissance, l’homme s’est approprié ce don du libre arbitre. À partir de là, il a connu la dualité. Or, ces facultés acquises lui sont acquises ad vitam æternam. On ne peut pas les lui enlever étant donné que l’homme en a déjà fait usage, et intégré les effets depuis des milliers d’années. L’homme a été incapable de gérer ces dons. Il s’est alors entaché, dégradé, terni, et maintenant il doit faire avec. C’est-à-dire se réparer et retrouver sa lumière originelle additionnée de ses dons divins ; le libre arbitre qu’il transcendera ou, si vous préférez, qu’il transformera en libre décision. C’est son travail, son apprentissage, d’incarnation en incarnation, de parvenir malgré cela à se purifier et se réharmoniser avec la conscience divine.

    Changer par un claquement de doigts la conscience humaine serait aller à l’encontre du don divin. En mettant un « Messie » qui placerait l’humanité dans un monde nouveau, à savoir, « le monde futur », cela équivaudrait à l’empêcher de grandir, d’apprendre et d’évoluer normalement en conscience. Or, je me répète : c’est en majeure partie pour cela que les âmes s’incarnent sur terre. Procéder de la sorte serait comme une mutilation !

     

    Réfléchissez à ces questions

     

    Si vous priez pour être plus patient, Dieu va-t-il simplement vous armer de patience, ou vous offrir l’opportunité d’une expérience qui vous fera acquérir et connaître la patience ?

     

    Si vous lui demandez du courage, vous le donnera-t-il par miracle, ou provoquera-t-il une bonne occasion d’être courageux ?

     

    Si vous priez pour que votre famille soit plus soudée, croyez-vous que Dieu vous donnera le bonheur et l’affection, ou l’occasion de vous prouver à chacun ce que vous ressentez ?

     

    Évidemment, si vous pensez que les changements arrivent tout bonnement depuis l’extérieur sans vous inclure dans le processus et le travail de réalisation, c’est que vous n’y êtes pas. Lorsque l’on souhaite un changement, la réalité est qu’il s’agit avant tout du changement visant notre propre réalisation que l’on doit travailler et obtenir en toute conscience. Et, c’est à partir du moment où nous avons obtenu ce changement en « nous-mêmes » que nous le trouverons dans notre vie. Plus simplement, c’est en travaillant en soi à partir d’occasions provoquées par vos souhaits et vos prières que les choses se réaliseront à l’extérieur.

     

    L’homme doit apprendre sur terre pour élever son âme et cela, malgré son état dualiste et les problèmes suscités d’incarnation en incarnation. On ne peut pas retourner à l’état d’Adam et Ève avant qu’ils aient mangé de l’arbre de la connaissance. En revanche, l’humanité fera bien mieux, car, par le fait de résoudre ses soucis et de dépasser tout cela, elle sera encore plus forte et arrivera à une maîtrise bien plus grande que si elle était restée dans l’Éden.

     

    Notez que cette finalité se retrouve pour l’essentiel dans la légende du Léviathan (il s’agit d’une légende à caractère prophétique, parlant d’un gigantesque monstre marin incarnant le mal). C’est ce qui est raconté à propos de la soukka (la tente) du Léviathan (Zekharya XIV, 16) Talmud, Guemara (Baba Batra 75 a) : « Dieu fera une tente pour les justes avec la peau du Léviathan, dans laquelle seront servis à manger des plats de Léviathan. » En d’autres termes, l’homme se sera fait une couverture protectrice de tout le mauvais qu’il aura dépassé et abandonné, parce qu’il en aura obtenu la connaissance profonde et la maîtrise. Enfin, il pourra en manger sans même être affecté de quoi que ce soit. Bien au contraire, il en tirera le bien. En cette époque précise, il aura une maîtrise des effets de l’arbre de la connaissance.

    C’est pourquoi je peux vous dire (et je ne suis pas le seul) que beaucoup de monde au ciel et en d’autres dimensions sont très intéressés par l’évolution du monde et de ce qui l’entoure. Car c’est un fait assez exceptionnel au niveau universel.

     

    Le but de l’homme est donc d’arriver à l’état de Messie, de se parfaire et de parfaire le monde sur terre, à l’image du monde au ciel. Changer comme cela, de but en blanc, n’a donc aucun intérêt pour l’évolution des âmes, et ce serait même contre-évolutif. L’homme ne le supporterait pas. C’est un peu comme si vous placiez un enfant de 6 ans en classe de terminale – et cette image est un euphémisme. L’homme, dans son état actuel, ne pourrait supporter les vibrations de cinquième dimension qui nous attendent. Du moins, très rares sont ceux qui le pourraient. En revanche, un enfant qui s’incarnera dans ce nouveau monde proviendra déjà d’une âme en adéquation avec ce monde. Dans ce cas, cela n’a rien à voir. L’âme sera déjà pure ou purifiée de sa dualité et de tout négatifs. Elle sera déjà d’une conscience élevée.

     

    Le Messie se révélera en chacun, c’est évident, sinon tout irait à l’encontre du processus évolutif. Vous me direz : mais alors, pourquoi dit-on qu’il y aura « un » messie ?

    Aujourd’hui et depuis des millénaires, bien que l’humanité soit considérée aux yeux du ciel comme une seule entité au niveau de son énergie, dans la conscience de l’homme, elle demeure divisée. Nous avons des races, des religions, des partis politiques et autres, puis des clans, des familles, des partis même au sein des familles, des traditions, etc. L’humanité est divisée, et rares sont ceux qui considèrent que cette infinie variété constitue une richesse unique et inestimable à l’échelon mondial. Pourtant, que penseriez-vous si Dieu lui-même abondait en ce sens ? Oui, cette question est assez subtile. Cela me fait penser qu’un jour on m’a demandé : « Êtes-vous pour ou contre le métissage (des races) ? » Moi, évidemment, d’une nature favorable à la paix et à l’harmonie, bien que je n’eusse aucun avis sur cette question, j’étais pour d’instinct. J’admets que s’arrêter comme cela, tout de suite, sur une position bien campée n’est pas très intelligent. Il est toujours bon d’aller chercher un peu plus loin. Prenez l’exemple de la nature, avec ses innombrables variétés de races, d’espèces et de formes. Regardez tout simplement les fleurs. Généralement, on offre un bouquet de fleurs variées parce qu’on trouve cela très beau qu’il y ait de la variété. Il arrive aussi que l’on offre un bouquet de roses tout à fait identiques parce que l’effet est d’autant plus beau. Il arrive également que, dans la nature, les races fusionnent et donnent alors d’autres races, d’autres espèces. Tout cela pour vous dire qu’en définitive, que vous soyez pour le café ou le café au lait, que l’on fusionne ou pas, il y aura toujours de la variété changeante dans l’évolution, parce qu’en regardant d’un peu plus haut, on s’aperçoit que chaque point uniforme fait partie d’un ensemble que l’on définit comme étant une variété de points. C’est ce qui est le plus riche et qui en fait la beauté. Quoi qu’il en soit, la variété sera toujours, et cela même si elle est différente.

     

    Pour conclure, à l’approche du Nouveau Monde, bien entendu, il y aura toujours des clans, des origines et des familles. Mais chaque être humain est appelé à s’harmoniser avec son prochain. Et l’humanité sera alors dans une conscience de son unicité. Donc quand l’humanité aura changé, elle sera dans une unité harmonisée qu’on appelle « le Messie ».

    L’humanité est donc le seul Messie capable de faire naître le Monde Futur et d’y vivre. Et si Messie en personne il y a, son rôle ne pourrait être que l’enseignement sur comment y parvenir.

    (extrait de chapitre du livre : Une Nouvelle Conscience UN NOUVEAU MONDE)

     

     

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